Présentation de Philippe Lacroix

05 mars 2005

Le non respect de la signature de l'Etat : intervention au conseil municipal du 18 janvier 2005

Une politique d'aménagement est une affaire de partenariat, de négociation, de financements croisés et de relations plus ou moins faciles entre différentes parties prenantes. La complexité et le coût des projets ne peuvent plus être portés par un seul, que ce soit la ville, l'État ou d'autres.

En effet, nous sommes contraints aux partenariats et aux accords négociés. Dans ce cadre, c'est en partie à la ville avec, d'une part l'EPASA et d'autre part la SEMNA, qu'il revient de garantir que les accords vivront et qu'ils seront respectés.

Il faut savoir qu'un montant colossal d'investissement d'aménagement sur Nanterre est prévu dans les dix prochaines années. En effet, rien que Seine-Arche devrait mobiliser pas loin de 1,8 milliard d'euros et avec l'ensemble des autres projets, nous devrions arriver aux trois milliards d'euros d'investissement tant public que privé. On se rend compte, avec ce simple chiffre que Nanterre est entrée en mouvement et que notre ville va connaître un développement considérable.

Cela indique que l'on ne rentre pas dans un tel cycle sans une volonté politique forte, s'exprimant dans la durée et le respect des engagements de tous.

Je parlais des différents types d'intervenants et de financeurs. Ils sont nombreux mais je souhaite me concentrer sur l'État. Dans une logique de réparation, celui-ci s'est engagé à financer la démolition des viaducs sur le Grand-Axe, à terminer l'échangeur entre la A14 et la A86, à assurer le co-financement de la construction de logement et, enfin à participer à hauteur d'une dizaine de millions pour la phase 1 de la reconstruction de la gare Nanterre-Université.

À cela j'ajouterai ce qui doit constituer des engagements futurs, de notre point de vue :

  • La BDIC,
  • La ligne de tramway T1,
  • La couverture de la A86 et l'amélioration de la situation du pont de rouen.

Or, aujourd'hui, nous sommes inquiet face à, ce que je qualifierai de relative « légèreté » avec laquelle l'État considère ses engagements.

Le Contrat de plan État-Région qui était censé lié les deux parties sur un certain nombre d'opérations prioritaires en ïle-de-France semble apparaître comme un papier sans valeur. Ainsi, l'État auraut dû être à ce jours, en Île-de-France, à 70 % de budget consommé ; or il n'en est qu'à 40 %. Par ailleurs, la loi de finance 2005 prévoit, pour notre région uniquement 60 M€ alors que la région programme, pour sa part, 224 M€.

Cette situation n'est pas propre à notre région. Partout sur le territoire national, l'État tend à renier sa parole, depuis deux ans. Qu'en est-il alors de la nécessaire continuité républicaine ?

Face à cela, il est important que les autres parties-prenantes et en premier lieu, la ville, l'EPASA, le Conseil régional et le Conseil général établissent un front commun et réaffirment fortement leur volonté d'avancer. En effet, car si l'État ne paie pas selon ses engagements, qui paiera à sa place ? Le risque financier est considérable pour tous. Cela se chiffre en dizaines de millions d'euros.

La reconstruction de la gare Nanterre-Université est une priorité. Certes car nous avons vu que le nœud papillon constituait un enjeu stratégique de liaisons pour le projet Seine-Arche ainsi que pour le renouveau des cités des Provinces Françaises, Berthelot et Anatole France mais, j'ajouterai, surtout, que cette reconstruction conditionne l'augmentation de la capacité de transit de la ligne A du RER en permettant, dès lors, le passage de wagons à deux étages.

Vous comprenez que la reconstruction de la gare Nanterre-Université constitue un enjeu régional, au-delà des 35 000 voyageurs qui l'empruntent chaque jour.

Il serait incompréhensible que l'État se défausse pour de sombres raisons liées à l'incapacité du Gouvernement Raffarin à concilier ses cadeaux fiscaux pour les plus riches et le respect de la signature de l'État. Comment pourrons-nous continuer à conclure des accords et des conventions avec l'État si celui n'honore pas ses engagements contractuels actuels ?

Mais l'État n'est pas le seul co-financeur. Loin s'en faut et Nanterre connaît bien l'effort qu'elle devra réalisée au travers de ses finances.

Dans cet esprit, venons-en au dossier que nous avons déposé à l'Agence Nationale pour le Renouvellement Urbain (ANRU). Nous avons choisi de présenter un dossier de financement prenant en compte la globalité de la ville. C'est pertinent au regard de la cohérence que nous affichons ainsi. Cependant, il est clair que l'ANRU ne financera qu'il faible proportion des projets que nous y avons inclus. Les priorités restent à établir et il revient à la ville d'organiser les tours de table des financeurs ; et le plus tôt sera le mieux.

Enfin, je terminerai avec l'Université Paris X. Les relations avec l'Université Paris X doivent et peuvent être améliorées. En premier lieu, il est indispensable qu'une présentation du projet Seine-Arche soit réalisée au Conseil d'Administration de Paris X. Au-delà, il s'agit peut-être d'aller vers des maîtrises d'ouvrages conjointes sur quelques projets phares tels que les entrées de l'Université. Voire, nous pourrions peut-être suggérer que Paris X délègue une maîtrise d'ouvrage à l'EPASA, par exemple sur un ensemble constituant l'accueil au sein de l'Université, dans le prolongement de la gare multi-modal Nanterre-Université. Dans tous les cas, des efforts réciproques doivent être consentis.

Nous voyons par ces quelques exemples rapides que nous devons tenir la distance et que cela passera par des relations fortes et ambitieuses avec la Région et le Département. A nous d'animer cette ambition ! En effet, nous n'accepterons pas que l'accord qui nous lie à l'État depuis 1999, concernant Seine-Arche, soit pris à la légère par ce dernier.

Posté par Philippe LACROIX à 00:02 - Aménagement de Nanterre - Commentaires [0] - Permalien [#]

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Nanterre et politique - Philippe LACROIX (v 2.1)