08 novembre 2005
L'état d'urgence, une mesure d'exception restreignant fortement les libertés publiques, sans répondre aux enjeux des événements
Le Premier Ministre a annoncé la mise en œuvre de la loi de 1955, autrement dit, il a déclaré hier soir, sans vraiment oser le dire, l’état d’urgence : « Dans ce contexte particulièrement grave, le président de la République a décidé de convoquer demain matin le conseil des ministres et de mettre en œuvre les dispositions de la loi de 1955 ; partout où c’est nécessaire, les préfets pourront sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, appliquer le couvre-feu s’ils l’estiment utile pour permettre un retour au calme et assurer la protection des habitants ; c’est notre première responsabilité, c’est notre premier devoir : assurer la protection de chacun. Ça concerne l’ensemble du territoire et les préfets décideront à l’intérieur de ces territoires les quartiers les plus sensibles où ils jugent que de telles mesures doivent être prises. » Dominique de Villepin, JT de TF1 du 7 novembre 2005
L'état d'urgence est une mesure d'exception particulièrement grâve. Les violences auxquelles nous assistons sont inacceptables et portent en elles-mêmes les germes de la négation de notre République. Il n'en demeure pas moins que le choix de recourir à la restriction forte des libertés publiques est celui de décideurs politiques privilégiant l'ordre pour lui-même, au détriment de ce qu'il devrait être, un moyen de la solidarité nationale.
A l'encontre de ce que Dominique de Villepin dit, l'état d'urgence ne se limite pas au couvre feu. Il s'agit d'atteinte aux libertés d'autant plus graves qu'elles s'appliqueront prioritairement à certains territoires et, de fait, à certaines de nos populations les plus en difficultés.
Nul ne peut contester la nécessité de mettre un terme aux violences d'autant plus insupportables qu'elles atteignent les plus fragiles d'entre nous. Ce n'est pas en ranimant les textes conçus pendant la guerre d'Algérie que l'on construira une solution. D'autant que l'aspect symbolique du parallèle entre la guerre d'Algérie et les événements actuels ne doit pas nous échapper.
Pour connaître les conditions et les procédures de l'état d'urgence, on peut consulter le document consacré à l'état_d'urgence préparé par le groupe des élus socialistes de Nanterre.
06 novembre 2005
Nicolas SARKOZY, ministre du désordre public au milieu d'une crise urbaine et identitaire profonde
Je n'ai pas souhaité commenter, à chaud, les événements se produisant dans certaines zones urbaines, dont le départ doit être pointé sur la conjonction des propos de Nicolas Sarkozy et des conditions, pour le moins troubles de la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois. La gravité de la situation nécessite le recul et la réflexion.
L'éruption de la crise que nous visons couvait depuis plusieurs années. Le processus de paupérisation économique en oeuvre depuis 2002, allié à la paupérisation symbolique par le marquage négatif de certaines populations et, renforcé par la politique de discrimination positive en faveur des classes sociales les plus riches, ces trois facteurs ont contribué à destructurer le cadre social de certains groupes sociaux déjà très en difficultés.
Des propos irresponsables du ministre de l'intérieur ont suffit pour que le sentiment d'injustice trouve un exécutoire dans la violence. Par ailleurs, nous devons comprendre que les populations les plus populaires, les plus éloignées de nos canons culturels et de nos capacités de consommation n'ont pas, aujourd'hui de débouchés politiques possibles. C'est une question qui doit nous préoccuper !
Comment permettre aux populations populaires de retrouver le sentiment d'appartenance à notre république ?
Quelles politiques conduire pour inverser le processus de paupérisation et pour retrouver les ressorts de la promotion sociale ?
Quels partages des bénéfices de la croissance pour tous et de la redistribution en faveur des plus pauvres ?
Comment arrêter le comportement immature et irresponsable de Nicolas Sarkozy, ministre du désordre public ?
Pour approfondir sur la question des différences de politiques de sécurité depuis 2002, lire l'article de Nadine Jeanne.
18 septembre 2005
Lorsque SARKOZY s'adresse aux Préfets...
Le Ministre de l'intérieur vient de s'adresser aux Préfets afin de leur fixer leur feuille de route concernant la lutte contre l'immagration.
"La lutte contre l'immigration irrégulière doit constituer le deuxième axe majeur de votre action.
Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu'à la fin du mois d'août, 12 849 étrangers avaient fait l'objet d'une mesure effective d'éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l'effort. J'observe d'ailleurs que, d'une préfecture à l'autre, les résultats sont inégaux.
Or, j'attends de tous une entière mobilisation. Et j'invite les préfets dont les résultats sont inférieurs à la moyenne à se rapprocher du Centre national de l'animation et des ressources (CNAR) pour bénéficier d'un appui opérationnel...
...Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est fixée. Votre implication personnelle, aux côtés des agents des bureaux des étrangers, des policiers et des gendarmes, est une nécessité. Il est de votre responsabilité de mobiliser vos collaborateurs...
... Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu'eux-mêmes."
Pour lire le discours dans son intégralité sur le sujet : Discours_de_SARKOZY_aux_Préfets.doc
10 septembre 2005
Deux élections partielles, dans les Hauts-de-Seine
Deux élections partielles se déroulent, dans notre département, en septembre-octobre.
La première concerne le canton du Plessis-Robinson-Clamart les 18 et 25 septembre. Il s'agit d'une élection pour le Conseil général. Elle a été provoquée par l'annulation de l'élection du candidat UMP. Benoit MARQUAILLE, actuellement sans mandat, est le candidat soutenu par le Parti Socialiste.
La seconde élection se déroule sur la 13e circonscription des Hauts-de-Seine (cantons d’Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry et Sceaux), les 25 septembre et 2 octobre. Il s'agit d'une élection législative provoquée par l'éviction de Patrick DEVEDJIAN du Gouvernement. La candidate du Parti Socialiste est Michèle CANET.
08 septembre 2005
L'accès au logement, le mal français
Le logement avec l'emploi sont devenus les deux principales difficultés pourl'ensemble des français et des habitants de la France, génératrices d'une crise sociale profonde. Par exemple, malgré un taux de 53 % de logements sociaux à Nanterre, nous avons, aujourd'hui, plus de 2 300 demandeurs de logement sur la commune. La demande est celle de l'accès au logement et du bénéfice des services publics de qualité. Mais Nanterre ne peut répondre plus que nous le faisons déjà, si les autres communes continuent de refuser d'appliquer la loi avec son obligation des 20 % de logements sociaux.
Le 1er septembre, lors de sa conférence de presse de rentrée, le Premier ministre annonce une série de mesures en réaction aux dramatiques incendies survenus dans des logements insalubres. Nous assistons à des annonces en trompe-l'oeil et à la stigmatisation des plus faibles. Le mal-logement touche plus de 3 millions de personnes aujourd’hui en France. Le Premier ministre avait annoncé qu’il allait « prendre toute la mesure des besoins ». On est bien loin du compte. La revalorisation de l’aide personnalisée au logement (APL) n’est que de 1,8 % alors que la hausse des loyers est indexée sur un indice qui a augmenté de 4,8 %. C’est près de 8,5 % du pouvoir d’achat des aides personnelles qui ont été amputés depuis 2002 et, par ailleurs, 250 000 personnes qui ont été éliminées de l’accès à l’APL. L’enveloppe de 50 millions d’euros supplémentaires octroyée à la lutte contre l’insalubrité ne permettra en réalité la rénovation que de 2 000 logements. Aucune réelle mesure de relance de la construction sociale n’est annoncée ni de contrôle de la spéculation qui, d’un côté, plombe le pouvoir d’achat et, de l’autre, étouffe le secteur du logement social. Aucune mesure n’est annoncée sur les problèmes spécifiques de Paris et de l’Ile de France alors que l’on y recense 340 000 demandes d’HLM, concernant donc environ 1 million de personnes. Et les déclarations actuelles ne peuvent pas faire oublier l’opposition systématique des élus de droite à la construction de logements sociaux dans leurs arrondissements comme dans leurs communes. Le gouvernement, par l’intermédiaire de son ministre de l’Intérieur, préfère stigmatiser les familles qui souffrent plutôt que de les aider. Fermer des immeubles en laissant les familles dans un état de quasi-abandon n’est pas responsable ni digne d’une démocratie.
22 août 2005
Mohamed Ouathi est libéré
Je viens d'apprendre la libération de Mohamed Ouathi. Preneur de son d’une équipe de reportage de France 3, il a été enlevé dans la Bande de Gaza le dimanche 14 août dernier et nous étions sans nouvelle jusqu’à aujourd’hui.
Mohamed Ouathi est nanterrien et cela donnait une connotation particulière à cet enlèvement, apparemment crapuleux. Je me réjouis que la raison et le droit l’aient emportés. C’est avec impatience que nous attendons son retour dans sa ville de Nanterre où toute sa famille, son père, ses sœurs et son frère vont pouvoir l’accueillir avec le bonheur que l’on devine.
Cette libération est le signe que l'espoir peut renaître dans ce pays meurtrie. Le réglement politique est la seule solution viable à long terme. J'espère, comme beaucoup, que la Palestine et Israël engagent les fondations d'une paix durable et d'un droit à la sécurité.
Jeudi 25 août, à 17 h, une réception en l'honneur de Mohamed Ouathi aura lieu en mairie de Nanterre.
25 juin 2005
Sarkozy, une semaine de dérapages (contrôlés ?)
La semaine écoulée a été, malheureusement, riche en dérapages de Sarkozy. J'en ai retenu trois :
- Lundi 20 juin, lors de sa visite spectacle à la Courneuve, ce fut sa première sortie sur sa volonté de "nettoyer au karcher" la cité des 4 000 ;
- Le soir même, devant l'association Bible à Neuilly, il évoquait en détail sa "conception de la laïcité" ;
- Mercredi 22 juin, il mettait en cause un juge d'application des peines, faisant ainsi fi du droit constitutionnel.
Nicolas SARKOZY est un récidiviste, dans ces déclarations haineuses sur le « nettoyage des cités » comme dans ses amalgames entre immigrés et délinquants, chômeurs et truands. Il s'agit pour lui de gratter le ventre des personnes qui prennent pour argent comptant ses rodomontades, plus proches des propos d'un comique troupier que, de ce que nous sommes en droit d'attendre d'un responsable national. Par ses contre-vérités, il fait courir le risque de l'incompréhension croissante envers l'action politique.
Ses discours continuels sur la laïcité, depuis ces derniers mois, indiquent combien la conception qu'il défend est éloignée de celle qui s'est construite de haute lutte depuis la fin du XIXe siècle. J'ai déjà écrit, qu'à mon sens, la laïcité était une des plus grandes inventions humaines en cherchant à séparer le domaines des croyances religieuses de la conduite du monde temporel. Sarkozy récuse la distinction entre sphère privée et sphère public. Il y a là, en final, les fondements d'une certaine forme de totalitarisme.
Toujours au nom de l’ordre, il s’attaque maintenant aux juges dont il voudrait qu’ils ne soient plus indépendants. Comment, dès lors, nous élus, pouvons-nous prétendre à faire respecter l'autorité judiciaire et ses décisions par nos concitoyens, lorsque le ministre de l'intérieur s'assoit sur les principes constitutionnels de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la magistrature.
Les différents protagonistes, du gouvernement, au chef de l’État en passant par l’UMP, acceptent désormais sans sourciller que Nicolas SARKOZY intervienne de toutes les manières, à tout moment et sur tout sujet. Ils croient tous sans doute que cela permet de camoufler les résultats désastreux de leur politique menée depuis 3 ans.
Beaucoup plus spectaculaire qu’efficace, l’action de Nicolas SARKOZY ne fait déjà plus illusion. Ses discours naguère jugés si populaires, apparaissent pour ce qu’il sont, simplement populistes et démagogiques.
Si ces dérapages sont contrôlés, ils sont particulièrement inquiétant de la part du "vice-Premier ministre" qui souhaite devenir calife à la place du calife. Dans l'hypothèse où ils ne le seraient pas, nous devons, tout autant, nous en inquiéter car cela reflèterait, ainsi, une personnalité versatile selon le chant des sirènes populistes.
Une fois de plus, « le vice-Premier ministre » stigmatise, caricature mais ne règle en rien les problèmes de fond de nos concitoyens.
20 juin 2005
Accusé GREBERT, bloguez-vous
Notre ami Christophe GREBERT, animateur du blog monputeaux.com est assigné en justice par la mairie de Puteaux qui, s'installant dans un harcellement constant, cherche ainsi à le réduire au silence.
Je ne fais pas plus de discours. Laissons-lui la parole :
J'ai donc rendez-vous demain mardi, à 13h30, au Palais (un vrai celui-là !) de justice de Paris, devant la 17e chambre correctionnelle. Je dois faire face à une plainte en diffamation déposée par la mairie de Puteaux.
Depuis plus de 3 ans, les gens qui dirigent cette commune semblent n'avoir qu'un seul souhait : me faire taire. Pourquoi ? Suis-je dangereux pour eux ? Je ne fais que bloguer des infos sur ma ville ! Je ne suis pas un excité, je ne raconte pas n'importe quoi ! Je publie des faits, auxquels j'ajoute mon opinion de citoyen moyen.
Finalement, c'est d'ailleurs sur la base, non pas d'un billet que j'ai écrit, mais d'un article du Parisien, dont j'ai cité un extrait sur mon site, que ces gens ont décidé de m'attaquer en justice... Je précise qu'il n'y a eu de leur part aucune démarche de conciliation : pas de demande de droit de réponse, aucun contact pris pour me demander de retirer ou de corriger un article. La procédure est radicale : le tribunal correctionnel, direct...
Remarquez en 3 ans, j'avais déjà eu droit à tout : insultes et menaces, arrestation par la police municipale de Puteaux, interdiction d'assister au conseil municipal... La ville a acheté l'appartement à côté du mien (dans une commune qui compte 5.500 logements HLM sur environ 20.000 foyers, on peut sans paranoïa se poser la question de la motivation de cet investissement)...
Pour ce procès, la mairie n'a pas lésiné sur la dépense : 27.000 euros. C'est la somme que la maire de Puteaux a fait voter en conseil municipal pour payer l'avocat qui représentera la ville. En tant que contribuable putéolien, quelle ironie, c'est un peu de mon argent ! Pour ma part, j'ai du faire appel à mes amis pour pouvoir financer ma défense.
Bien entendu, je suis pleinement responsable de ce que j'écris sur mon blog. Je dois assumer. Il n'en reste pas moins que le déséquilibre est énorme. Je suis un simple citoyen. Face à moi, c'est une commune, avec des moyens financiers hors normes, des conseils judiriques, des avocats, des huissiers... C'est le pot de fer contre le pot de terre.
Car même si la justice m'innocente dans cette affaire, les répercussions sur ma vie privée et professionnelle sont d'ores-et-déjà importantes ! Par ailleurs, qu'est-ce qui empêchera ces gens de m'attaquer à nouveau, plus tard, sur la base de n'importe quel autre article... jusqu'à ce que je n'ai plus les moyens financiers, le temps (constituer un dossier de défense demande des heures...) et la volonté de continuer ce blog perso.
Il y a donc bien là un vrai problème de liberté d'expression qui est posé : si grâce aux blogs, un citoyen a aujourd'hui la capacité technique de communiquer aussi largement que n'importe quelle institution ou société privée, en revanche il reste un nain sur le plan judirique, et ses moyens de réplique, face à ces grosses structures, restent limités à ses seules ressources, notamment financières.
Faudra-il inventer un nouveau statut : le BARL ou "blogueur à responsabilité limitée" ? Je ne crois pas. C'est du côté de l'efficacité de la justice et de son accessibilité qu'il faut chercher. C'est donner les moyens à une personne de se défendre face à plus gros que lui. C'est la Justice et donc la démocratie qu'il faut améliorer.
Christophe Grébert
http://www.monputeaux.com
04 juin 2005
Mais que fait Sarkozy ?
Dans de nombreuses villes de droite des Hauts de Seine, la démocratie et le respect de l'opposition ne sont pas des principes au goût du jour (je n'évoquerai pas, ici, le cas quasi pathologique de Puteaux).
En consultant le blog de Christophe GREBERT, on découvre l'abracadrabantesque situation de Neuilly-sur-Seine. Son Maire UMP et sa majorité affichent leur mépris des élus d'opposition (socialistes et verts) mais aussi, plus simplement du droit.
Notre nouveau ministre de l'intérieur va-t-il être sans réaction face à cette insécurité civique ?
Pour en savoir plus, http://www.monputeaux.com
31 mai 2005
Raffarin démissionne, Villepin est nommé premier ministre, la dissolution de l'Assemblée Nationale eut été préférable
Jacques Chirac a nommé Premier ministre Dominique de Villepin, quelques minutes après avoir accepté la démission du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
Je ne me réjouis ni de la première, ni de la seconde information. Alors que le référendum a montré que les français étaient fortement inquiets de la situation sociale créée par la politique de la droite suivie depuis 2002, alors que les résultats électoraux de l'année 2004 ont représenté une sévère mise en cause de Chirac et de son gouvernement, le jeu de chaise musicale entre Raffarin et Villepin n'est pas porteur d'espoir.
Certes l'hypothèse Sarkozi eut été certainement pire ; mais l'enjeu de la question sociale nécessite un appel d'air politique d'une autre tenue.
La seule solution raisonnablement envisageable pour restaurer une confiance et la légitimité est de revenir devant les électeurs. Deux possibilités existent : la démission de Chirac ou la dissolution de l'Assemblée Nationale.
Après celle de 1997, "par inadvertance", la dissolution de l'AN permettrait aux français d'exprimer réellement leurs choix politiques. Pour l'instant, Chirac cherche à sauvegarder ses acquis. C'est un jeu politique à la petite semaine...
