01 mars 2007
Airbus, le Gouvernement est responsable du désastre
Le groupe Airbus vient de confirmer l’annonce d’une suppression de
10.000 emplois, dont 4.300 en France. Je partage entièrement l'avis de Ségolène Royal qui a affirmé, aujourd'hui, à Mont-de-Marsan que le gouvernement était responsable du "désastre".
Comment comprendre cette catastrophe sociale qui était présentée, il y a encre très peu de temps, comme le fleuron de notre industrie ? Où sont les aveugles ? Pourquoi l'Etat français n'a-t-il rien vu venir ? Ou, si il a vu ce qui se présageait, pourquoi n'est-il pas intervenu ?
Pour Ségolène : "Si les Français nous font confiance, nous remettrons totalement à plat le dossier Aibus et, en cas de victoire, l'Etat actionnaire assumera tout son rôle et exigera des anticipations".
Il est urgent de revenir à un projet industriel pour Airbus. C'est la raison pour laquelle le Parti socialiste demande donc un moratoire sur les suppressions de poste et les cessions de sites, préalable indispensable à une remise à plat de la gestion de l’entreprise.
Il est indispensble que le rôle et la place des États actionnaires se renforcent pour suppléer aux actionnaires privés défaillants, par des apports de capitaux publics sur la base d’un projet industriel européen cohérent et ambitieux.
Il faut être clair. Nous ne pouvons pas exonérer la droite de ses responsabilités dans les difficultés rencontrées aujourd’hui par EADS et Airbus. Qu’il s’agisse du dossier de la SOGERMA, de l’affaire Clearstream ou de la bataille sans merci pour faire nommer Noël FORGEARD à la direction du groupe, avec le succès que l’on sait, la droite n’a rien fait pour soutenir le groupe quand elle n’a pas tout fait pour compliquer sa tâche.
07 février 2007
Appel : « Pourquoi nous consentons à l’impôt »
Avec 23 000 citoyens, j'ai signé la pétition suivante :
Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. Nous considérons également qu’un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l’économie de marché. Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais les inégalités qu’il engendre sont mortifères pour la démocratie si aucune limite n’est mise à la transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci doit être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet par héritage, est une société condamnée à une croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs et où travail et mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement.
Pour signer cette pétition : http://www.alternatives-economiques.fr/petition/
31 janvier 2007
Forum Social Mondial : les ambiguïtés
Assister au Forum Social Mondial à Nairobi est une expérience très riche. La place et la liberté de parole sont marquants. Le forum
est un vaste espace de contestation. Il n'y a pas de resignation mais
beaucoup d'élan et de dynamisme. Les témoignages sont très forts et les
actions montrent que nombreux sont ceux qui veulent ébranler les
puissants et trouver les ressorts de la justice. La
place des femmes, des enfants, des migrants, le respect de leurs droits
sont des préoccupations largement portées. Les problèmes de
santé publique sont égalemet au coeur de nombreux débats et de nombreuses propositions.
Cependant, j'en reviens avec un goût étrange reposant sur mes fortes interrogations quant à la nature même du FSM. Cinq points principaux posent questions :
- Le poids des mouvements religieux. Un nombre très important de participants le sont au titre d'une organisation religieuse. Ces mouvements sont omniprésents et tendent à édicter leur point de vue. Ainsi, lors d'un débat sur les moyens de lutte contre le SIDA, un groupe de religieuses sont très vigoureusement montées au créneau contre l'usage des préservatifs, au motif qu'ils favorisaient la dissolution des moeurs (sic).
- L'emprise de l'anglais. Il est assez "amusant" de voir des groupes d'amérique du sud, par exemple, faisant la promotion de leurs positions radicalement anti-américaines, en anglais. Cela illustre la manière dont cette langue est devenu un outil majeur de la mondialisation (même altermondialiste). Comment résisterons-nous ?
- La notion "attrape-tout" de mouvement social. J'ai parfois (souvent) été géné, durant le FSM, par la présence fortement visible d'organisations et de mouvements que je ne peux ranger dans la catégorie mouvement démocratique. C'est l'exemple du caractère "auberge espagnole" du FSM qui, de fait, cautionne aussi l'inaceptable.
- Le "poujadisme" ambiant. Lorsqu'on est élu, il n'est pas vraiment bon de le faire savoir au sein du FSM. L'élu est souvent assimilé à "l'ennemi de classe" ou au "pourri". Certes on comprend bien que dans nombre de pays, les dirigeants ne prennent pas grande attention au fonctionnement démocratique et à l'équité. Il n'en demeure pas moins que, d'une manière générale, le discours majoritaire relève de ce que nous appelons en France le "poujadisme".
- Le manque de transparence de l'organisation et de la "direction" du FSM. Je passe sur les graves défauts d'organisation. On a le sentiment, lorsqu'on participe au FSM, qu'il serait auto-généré et qu'il résulterait d'une sorte d'hydre libertaire. Bien évidemment, il n'en est rien ! Mais l'organisation ne s'affiche pas, ne se fait pas connaître, son fonctionnement est opaque et ses décisions apparaissent désincarnées. Il en résulte une grande difficulté à appréhender la réalité des débats, des enjeux et des directions où cela s'engage. Parfois, on en vient à se questionner : pour qui cela "roule-t-il" ?
30 janvier 2007
De retour du FSM à Nairobi : premiers enseignements, premières analyses
La semaine passée à Nairobi, à l'occasion du Forum Social Mondial (FSM), fait partie des moments qui marquent. La réalité sociale au Kenyan et, tout particulièrement à Nairobi, est très éloignée des photos de safari et des clichés de "Out of Africa". La pauvreté est profonde et entretenue par l'incurie du pouvoir central et du manque de volonté de l'autorité locale, la pression du FMI ou encore le poids des pressions extérieures et de l'exode rurale.
C'est une pauvreté du dénuement et de la perte d'espoir. La conséquence est la violence qui n'est contenue que par des forces de l'ordre, apparemment peu soucieuses de l'humain et par l'ommiprésence de gardes privées, parfois fortement armées.
Plus que les débats du FSM (j'y reviens dans la prochaine note), l'intérêt majeur de ce rassemblement et ce qui lui confère son intensité est la richesse des rencontres, concentrées dans un temps court.
J'ai dialogué, par exemple, avec des kenyans décrivant comment la démocratie n'est parfois qu'un mot, un Masaï de Tanzanie expliquant son mode de vie pastorale et la manière dont les produits de consommation occidentaux envahissaient son quotidien, une conseillière municipale d'une ville du Mozambique où les enjeux sont ceux de l'accès aux services de bases : eau, assainissement, ramassage des ordures, et de l'accès à léducation, tout en consolidant une paix faîchement acquise. Il y eu aussi ces taillandais souffrant de la chape qu'installe la junte militaire qui a confiqué le pouvoir. Je pourrais en décrire de nombreux autres semblables...
08 janvier 2007
L'offre de soins (bis) : des inégalités avérées
Plusieurs lecteurs m'ont demandé de compléter ma note du 22 novembre dernier sur l'offre de soins et ses inégalités.
J'ai ainsi rajouté les données pour l'échelle de la France métropolitaine.
Certains se demandaient si les densités de médecins, de dentistes ou d'infirmiers n'étaient pas une particuliarité francilienne et, qu'en conséquence, ces densités à nanterre n'étaient-elles pas conformes aux densités nationales ?
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : il y a 13,1 médecins pour 1 000 habitants à Nanterre pour 18,9 à l'échelle nationale de la France.
Dans le cadre d'une politique de santé, peut-on continuer à accepter ces inégalités ? La liberté d'installation est-elle encore pertinente ?
22 novembre 2006
Les inégalités de l'offre de soins : le cas de Nanterre
Il est de notoriété que l'on ne bénéficie pas de la même offre de soins selon où l'on habite. Le cas de Nanterre éclaire cette situation. Prenons quelques données.
A Nanterre, 111 médecins exercent en libéral, dont 51 spécialistes. Par ailleurs, ces médecins sont principalement installés dans le centre ancien. Les taux de médecins, pour 1 000 habitants sont :
Nanterre |
Hauts-de-Seine |
Ile de France |
France | |
Généralistes |
7,1 |
10,4 |
9,7 |
9,0 |
Spécialistes |
6,0 |
8,6 |
10,9 |
8,8 |
Total |
13,1 |
19,0 |
20,6 |
18,9 |
L’âge moyen des médecins en exercice à Nanterre est de 50,5 ans et 60% ont plus de 50 ans et 38% plus de 55 ans.
Effectifs par tranches d’âge |
Hommes |
Femmes |
Total |
25-29 ans |
0 |
1 |
1 |
30-34 ans |
1 |
2 |
3 |
35-39 ans |
0 |
7 |
7 |
40-44 ans |
9 |
4 |
13 |
45-49 ans |
14 |
6 |
20 |
50-54 ans |
18 |
7 |
25 |
55-59 ans |
26 |
4 |
30 |
60-64 ans |
8 |
2 |
10 |
65-69 ans |
0 |
2 |
2 |
Total |
76 |
35 |
111 |
Depuis 2000, 26 médecins sont partis et 21 se sont installés.
Concernant les infirmiers, 22 sont en activités à Nanterre, soit un taux de 2,6 infirmiers pour 1 000 habitants, alors que le taux est de 5,4 dans les Hauts-de-Seine, de 5,9 en Ile de France. et de 8,2 en France.
S’agissant des chirurgiens-dentistes, la situation n’est guère meilleure. 42 exercent à Nanterre, soit 4,9 pour 1 000 habitants (Hauts-de-Seine : 9,2 ; Ile de France : 7,7 ; France : 6,0). Il y a eu 12 installations depuis 2000, pour 16 départs.
Les centres de santé municipaux viennent rétablir une certaine égalité pour la population. L’équivalent de 8,5 médecins y travaillent (dont 6,5 spécialistes), 5 infirmiers et 9 chirurgiens-dentistes.
Ces chiffres indiquent parfaitement que l’approche de l’offre de soins par l’installation libre des professionnels de santé (médecins, infirmiers, dentistes) ne répond pas aux besoins des populations.
Je laisse à chacun le soin d’en tirer ses conclusions…
08 novembre 2006
L'interdiction des expulsions locatives, en cas difficultés économiques et sociales, devant le Tribunal administratif
Lors de la séance du 28 mars dernier, le Conseil municipal de Nanterre a adopté un voeu demandant au Maire de prendre un arrêté interdisant les "expulsions locatives pour les familles en difficultés économiques et sociales sur le territoire de la ville de Nanterre".
A l'issue de cette séance, le Maire a pris l'arrêté correspondant.
Le Préfet des Hauts-de-Seine a déféré cette décision devant le Tribunal administratif afin d'obtenir son annulation.
L'audience est fixée au Tribunal administratif de Versailles, le jeudi 16 novembre à 10 h 00.
Nous serons un groupe d'élus à nous rendre à cette audience pour accompagner le Maire qui défendra, lui-même, sa décision devant le Tribunal.
29 octobre 2006
Incendie du bus à Nanterre, surprises sur le traitement des média
Dans la soirée de mercredi dernier, un bus de la RATP a été incendié à Nanterre, sur une avenue de fort transit. C'était un bus de la ligne 258, de Saint-Germain à la Défense.
J'ai été surpris des réactions de journalistes et plus largement de certains média.
Au travers de mes contacts avec la population (que me confirment mes collègues élus), j'ai noté une grande distance avec ce qui est considéré comme un délit inadmissible mais dont on ne peut le relier à aucun fait extérieur ou aucune situation sociale.
Je suis surpris par deux faits qui m'interroge sur le traitement médiatique de ce type de faits-divers.
Un journal à grand tirage a jugé bon de titrer "Nanterre, sous le choc". Ce n'est pas le cas. Alors pourquoi ce titre ?
J'ai été interwievé par deux journalistes, le premier le jeudi matin et le second, le vendredi après-midi. L'un et l'autre n'ont eu de cesse de vouloir me faire dire que je pensais que c'était l'oeuvre de sbires, dans une sorte de complot ourdi, par on ne sait qui, mais dont la motivation était de générer une situation comparable à celle qui, en 2002, avait appeurée les populations. Plus précisément, j'ai dû fortement exprimé qu'à ma connaissance, ce n'était pas un acte d'incendiaires commandité par des réseaux de droite ou d'extrême-droite. Chaque question y revenait, d'une manière ou d'une autre.
Il aurait été très facile de laisser croire que j'émettais cette hypothèse, si je n'avais eu la vigilance et le discours appuyé pour ne pas tomber dans le panneau.
Il me semble que nous sommes dans une sorte de "fétichisme médiatique". La notion "d'anniversaire" des événements de novembre 2005 est de cet ordre. Nous sommes face à un refus d'analyse pour verser dans un sensationnalisme et du prêt à pensée.
Notre démocratie ne gagne pas à faire l'économie de l'évaluation de nos média. Dans une certaine mesure, nous avons les média que nous méritons.
11 octobre 2006
Préfet cherche indics...
Bon, nous y voilà ! Le Préfet des Hauts-de-Seine a présenté, hier après midi aux maires du département, son projet de recruter des "citoyens volontaires et bénévoles" pour oeuvrer aux côtés de la police nationale.
Il faut savoir que ce n'est pas là l'idée du Préfet (qui, je l'imagine, s'en serait bien passé) mais de son patron, le Ministre de l'Intérieur (vous savez, celui qui est aussi Président du Conseil général).
Mais la "fiche de poste" manque quelque peu de précisions pour identifier, plus clairement, s'il s'agit de vouloir trouver de nouveaux indics dans les quartiers populaires (car, on le sait bien, dans les quartiers chics, il n'y a pas de délinquants), ou, seconde hypothèse, c'est la volonté de recruter des supplétifs à la police, ce que l'on nomme, plus simplement, des miliciens ?
26 septembre 2006
Transport en commun en Île-de-France : une tarification sociale
La majorité de gauche du Conseil régional s’est engagée pour une Ile-de-France plus solidaire et plus humaine. Dans les transports, cela se traduira par une tarification plus simple, plus juste et plus sociale pour tous.
La première étape sera concrétisée le 1er octobre prochain par la réduction de 75% du prix de la carte orange pour plus de 1 million de franciliens en situation fragile, soit près de un francilien sur dix.
Les bénéficiaires sont les titulaires, de :
- la CMUC (Couverture Maladie Universelle Complémentaire) allocataires du RMI (Revenu Minimum d’Insertion, 375 000 personnes)
- la CMUC hors allocataires du RMI (405 000 personnes)
- l’AME (Aide Médicale d’Etat, 100 000 personnes)
- l'API (Allocation Parent Isolé, 30 000 personnes)
- de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique, 70 000 personnes)
Et le 1er avril 2007, les transportsfranciliens seront gratuits pour les bénéficiaires du RMI (375 000 personnes).
La Région finance intégralement ce dispositif pour un montant de 87 M€ en année pleine.
