Présentation de Philippe Lacroix

06 juillet 2006

Le service public de la petite enfance, une proposition inaboutie du projet socialiste pour la France

Dans le projet socialiste pour la France figure une proposition qui fait l'objet d'une forte communication : la création d'un service public de la petite enfance.

A première vu, je dirais enfin. Avec d'autres, je milite depuis longtemps pour cet objectif et, je devrais m'en réjouir. Or, il n'en est rien !

Dans projet socialiste, il est écrit : “Nous créerons un service public de la petite enfance, accessible aux enfants dès 2 ans. Associé à l’Ecole maternelle, il offrira aux jeunes enfants, un encadrement pédagogique, médical et culturel, dont les plus pauvres sont privés.”

Lorsqu'on connaît la question, on ne comprend pas cette proposition. Elle est non pertinente.

La fédération des Hauts-de-Seine a adopté un amendement présenté par son 1er secrétaire - Pascal Buchet et par moi-même, qui est :

“Nous créerons un service public de la petite enfance, garantissant un mode de garde accessible à tous les enfants à partir de l’âge de 10 semaines. Il sera organisé sous la responsabilité des communes, en cofinancement avec les départements et les CAF. Nous garantirons également un accès aux assistantes maternelles aux mêmes tarifs que ceux des crèches (en fonction des ressources et de la composition de la famille) et nous lancerons une réflexion sur la compensation des réductions d’impôt prévues pour la garde d’enfants pour les foyers français non imposable.

Ce service public offrira aux jeunes enfants, un encadrement pédagogique, médical et culturel, ainsi qu’une possibilité d’accompagnement des familles. Il permettra à tous les parents de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Il s’associera à l’école maternelle, à partir de l’âge de 2 ans afin d’organiser la transition.

Les régions seront incitées à co-financer les investissements et la formation professionnelle pour les métiers de la petite enfance sera développée à la hauteur des enjeux, sous la responsabilité des régions, qui bénéficieront des justes transferts financiers de l’Etat.”

Je ne peux que regretter que l’esprit de cet amendement n’ait été repris. En l’état, la proposition du PS exprime essentiellement une “non connaissance” de la question par ses rédacteurs. En tant que maire-adjoint à la petite enfance d’une commune de 87 000 habitants, comptant plus de 350 professionnelles de la petite enfance, je ne peux aucunement défendre une proposition qui, au lieu d’être une avancée, apparaît comme une regression.

En effet, dans l’exposé des motifs de l’amendement, nous écrivions :
“La question de la petite enfance devient progressivement un enjeu national à partir de deux préoccupations :
• La recherche, pour les parents (et en particulier, pour les mères), de la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale ;
• L’attention d’une perspective de co-éducation dans l’accueil des jeunes enfants.

A l’échelle nationale, moins de 20 % des enfants de moins de 3 ans bénéficient d’un accueil, dans le cadre du service public ou contrôlé par celui-ci. Les inégalités territoriales sont criantes et elles tendent à exclure les plus démunis du choix d’un mode d’accueil.
Par ailleurs, de très nombreuses mères sont contraintes à recourir au congé parental. Ce faisant, elles se mettent en graves difficultés financières et le retour à l’emploi est très difficile pour un grand nombre d’entre-elles.
L’accueil des jeunes enfants, dans le cadre du service public doit répondre à ces besoins et ces enjeux. Le but est de créer une égalité, à l’échelle nationale, entre toutes les familles, permettant aux parents qui en font le choix, de voir leur enfant accueilli par une structure publique, une structure privée de nature associative ou par l’emploi d’une assistante maternelle. Ces deux derniers modes doivent être organisés et contrôlés par la puissance publique.
L’accueil doit être possible dès la fin du congé maternité. En conséquence, c’est dès l’âge de 10 semaines que le service public de la petite enfance doit répondre à la demande d’accueil.
Le service public de la petite enfance doit être organisé par les communes, dans le but d’un fonctionnement de proximité. Son coût doit être partagé entre la commune, le département, la Caisse d’Allocations Familiales et l’Etat (au travers d’un fonds de financement, géré par les CAF). Par ailleurs, les régions doivent être incitées à participer à l’investissement et l’enjeu de la formation des professionnels de la petite enfance (dont la pénurie est profonde) doit devenir une cause nationale.”

Posté par Philippe LACROIX à 16:13 - Petite enfance - Commentaires [0] - Permalien [#]

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