06 novembre 2005
Nicolas SARKOZY, ministre du désordre public au milieu d'une crise urbaine et identitaire profonde
Je n'ai pas souhaité commenter, à chaud, les événements se produisant dans certaines zones urbaines, dont le départ doit être pointé sur la conjonction des propos de Nicolas Sarkozy et des conditions, pour le moins troubles de la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois. La gravité de la situation nécessite le recul et la réflexion.
L'éruption de la crise que nous visons couvait depuis plusieurs années. Le processus de paupérisation économique en oeuvre depuis 2002, allié à la paupérisation symbolique par le marquage négatif de certaines populations et, renforcé par la politique de discrimination positive en faveur des classes sociales les plus riches, ces trois facteurs ont contribué à destructurer le cadre social de certains groupes sociaux déjà très en difficultés.
Des propos irresponsables du ministre de l'intérieur ont suffit pour que le sentiment d'injustice trouve un exécutoire dans la violence. Par ailleurs, nous devons comprendre que les populations les plus populaires, les plus éloignées de nos canons culturels et de nos capacités de consommation n'ont pas, aujourd'hui de débouchés politiques possibles. C'est une question qui doit nous préoccuper !
Comment permettre aux populations populaires de retrouver le sentiment d'appartenance à notre république ?
Quelles politiques conduire pour inverser le processus de paupérisation et pour retrouver les ressorts de la promotion sociale ?
Quels partages des bénéfices de la croissance pour tous et de la redistribution en faveur des plus pauvres ?
Comment arrêter le comportement immature et irresponsable de Nicolas Sarkozy, ministre du désordre public ?
Pour approfondir sur la question des différences de politiques de sécurité depuis 2002, lire l'article de Nadine Jeanne.
