Présentation de Philippe Lacroix

03 octobre 2005

Socialistes pour réussir à gauche, j'ai signé la motion 1

Les adhérents du parti socialiste auront pu lire, dans l'hebdo des socialistes, que j'ai signé la motion 1, intitulée réussir à gauche. C'est la motion dite Hollande.

En effet, j'attends beaucoup du "vieux parti socialiste" qui, toujours dans le sillon commencé par Jaures, cherche à construire le progrès social en s'appuyant sur un idéal de justice social et de liberté. Je souhaite que plus que des discours aujourd'hui, nous ayons des actes demain !

La motion est consultable sur le site http://www.reussiragauche.net/.

sitemdroite19Pour lire le résumé de la motion : MOTION_1_resume_1_.pdf

Posté par Philippe LACROIX à 07:02 - Vie politique - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Bonjour Philippe,

    C'est bien de citer Jaurès, c'est encore mieux d'essayer de mettre en oeuvre une orientation politique, qui prenne en compte ce qu'il disait ou écrivait.

    Jaurès était parlementariste et rien dans la motion 1 n'est dit sur la nécessité de rompre avec la logique infernale de la Vème République, qui fait que l'exécutif contrôle l'autre du jour du législatif, un comble...

    Jaurès était pour la République sociale, et donc la mise en oeuvre de politiques solidaires notamment en matière de protection sociale. Rien dans la motion 1 sur la manière de réformer les retraites, de financer la sécurité sociale et pire, rien sur l'impérieurse nécessité de développer une politique de convergence sociale au plan européen, pour des socialistes internationalistes. Cette motion est donc très en retrait par rapport à celle de Dijon et elle ne reprend même pas à son compte "l'ambition sociale pour l'europe" sur laquelle nous avons ensemble fait campagne en 2004...

    La droite passe son temps à dépouiller les pauvres et nous sommes aujourd'hui frileux à dire qu'ils faut prendre du fric aux riches, franchement je ne m'y retrouve pas....

    Bien à toi.

    Posté par JMG, 22 octobre 2005 à 13:35
  • Réponse de Philippe LACROIX

    Cher Jean-Michel,

    Je te remercie de ta contribution qui me permet de préciser quelques pensées.

    Je pense que les deux premiers principes d’action politique défendus par la motion 1 sont porteurs d’avenir.
    La volonté c’est une exigence pour nous même afin d’agir réellement sur le réel et non de se cantonner dans le discours et l’injonction gauchisante.
    La vérité est une nécessité. Arrêtons de faire du chiraquisme de gauche ; c’est-à-dire, de faire des promesses et des discours à des fins uniquement électoraliste.

    Des militants socialistes, portant la motion NPS ou courant dans l’écurie de Fabius, nous objectent qu’il faut abroger les lois que la droite a votés. En effet, si notre projet n’était qu’une suite d’abrogations, ce serait tellement simple ! D’ailleurs, pourquoi prendrions-nous même le temps de faire un congrès ? Le projet du Parti socialiste se résulerait ainsi : abrogeons les lois Fillon (il faut le faire), abrogeons la loi Raffarin, abrogeons la loi Villepin… (il faut le faire). Et puis cela en serait terminé. Nous aurions terminé la réforme.

    C’est là la différence entre les réformistes (dont je suis) et les réformateurs. Les premiers cherchent à donner du sens à l’action publique et ils croient que la philosophie politique est le fond du débat. Les seconds cherchent à agiter le bocal en prônant la réforme pour elle-même.
    On ne doit pas simplement abroger ou revenir à 2002. On doit faire des progrès par rapport à 2002, par rapport à ce que l’on nous demande au-delà de 2007. C’est cela l’enjeu.
    En ce qui concerne le système de retraite, la motion 1 est claire. Cela doit être un système par répartition, c’est-à-dire des retraites financées par les cotisations des actifs grâce à la solidarité entre les générations, doit être garanti.
    • La durée de cotisations ne peut être uniforme mais modulée par la pénibilité du travail et de la profession exercée.
    • Des ressources supplémentaires devront être trouvées par une contribution de tous les revenus, du travail et du capital, est donc proposée dans la motion 1.

    Ce que l’on nous demande ce n’est pas simplement d’abroger la loi Fillon sur les retraites, c’est quel progrès nous ferions sur les retraites. Par ailleurs, il est facile de dire que nous devons abroger les décrets Balladur. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait lorsque nous étions au pouvoir ? On va faire croire aux Français que l’on peut revenir à 37,5 ans pour tous ! Les socialistes ne sont pas là pour promettre ce que l’on ne pourra pas tenir. A chacun de prendre ses responsabilités !

    Ce que l’on nous demande sur l’emploi, ce n’est pas simplement de supprimer le « Contrat Nouvelle Embauche » –même si on va le faire ; c’est d’être capables de créer de nouveaux emplois. Ce que l’on nous demande sur les salaires, ce n’est pas uniquement de remettre en cause ce qui s’est ou pas fait, mais de les augmenter dans des conditions décentes et favorables.

    Ce que l’on nous demande sur l’assurance maladie, ce n’est pas simplement d’abroger la loi Fillon, mais de dire comment nous ferons pour la prévention, pour contraindre les professions de santé à respecter leurs engagements.

    J’aimerai donner la parole à François Hollande qui, lors d’un discours le 18 octobre dernier, a clairement résumé les contradictions et les contraintes de l’action politique que les socialistes peuvent et doivent porter.
    "Nous devons dire la vérité : on ne fera pas tout tout de suite ; et ceux qui préconisent la rupture avec le capitalisme en deux ans, souvent rompent avec le socialisme en moins de temps qu’il en faut. Je suis pour que nous inscrivions notre action dans la durée et que nous disions à nos concitoyens que notre projet ne s’arrête pas à une législature, que nous ne venons pas au pouvoir pour cinq ans, faire des réformes que la droite déferra après. Nous sommes là pour changer profondément notre pays.
    Il faudra dire la vérité sur les marges de manœuvre financière ; il n’est pas vrai que nous pouvons changer notre pays sans effort et sans solidarité. La solidarité n’est pas simplement de prendre sur les grandes fortunes –même s’il le faudra- que la droite allège aujourd’hui de toute contribution. La solidarité, c’est entre toute notre société, avec toute notre société et au-delà.
    Il faudra dire la vérité sur les institutions. Oui, il faut réformer les institutions ; oui, il faut renforcer les droits du Parlement ; oui, il faut faire le mandat unique ; oui, il faut faire la parité ; oui, il faudra faire le droit de vote des étrangers. Mais, il faudra dire aussi comment on le ferra.
    À partir de là, les réformes des institutions sont nécessaires, mais elles ne sont pas non plus le but ultime du socialisme. Et s’il s’agit de l’élection du Président de la République au suffrage universel que tout le monde réclame –en tout cas que personne ne supprime- je suggère tout de même qu’on lui donne quelques moyens d’agir à ce Président. Sinon, j’imagine le débat de second tour –si nous y sommes- de l’élection présidentielle où le candidat de droite dirait qu’il peut tout faire et le candidat de gauche dirait qu’il ne peut rien faire et que notre seul objectif serait de donner le pouvoir à d’autres. Ne nous mettons pas dans ces postures.
    Quant à l’extrême gauche, elle a parfaitement le droit –je le respecte- d’attendre la Révolution. Cela prendra du temps. Nous, nous n’avons plus le temps car nous avons le devoir de faire des réformes.
    Il s’agit aujourd’hui pas simplement d’être une opposition avec d’autres, pas simplement de battre la droite dans les manifestations –même si c’est utile. Il nous faut battre la droite dans les urnes. Cette question-là sera posée, le moment venu, à l’extrême gauche."

    Pour ce qui concerne l’Europe qui est en grand danger et dont le rêve fédéraliste est mort, il ajouta :
    "Ce qui est exigé de nous, c’est de dépasser le vote, de prendre une initiative si c’est nécessaire. Par ailleurs, si nous voulons prendre une initiative avec les socialistes européens, encore faut-il les respecter ! Je veux bien que l’on soit les plus à gauche en Europe. Ce n’est pas très difficile, surtout quand on est dans l’opposition, c’est plus simple. On peut même critiquer ceux qui sont au pouvoir et leur demander de le quitter. Mais, si on veut faire l’Europe avec des progressistes, avec qui la ferons-nous si nous ne la faisons pas avec les socialistes européens ? Certains, c’est vrai ne nous plaisent pas et d’autres encore moins. Nous sommes toujours prêts à donner toutes les leçons : on est un grand parti et un grand pays."

    Bien à toi
    Philippe

    Posté par Philippe LACROIX, 22 octobre 2005 à 19:39

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