Présentation de Philippe Lacroix

30 mai 2005

Déçu mais tourné vers l'avenir

Comment ne pourrais-je pas être déçu des résultats au référendum ? J'ai soutenu depuis l'autômne dernier un oui de raison. Non que le traité constitutionnel soit la panacé. Très loin de là ! Mais il présente suffisamment d'avancées pour un rapport de forces politique. C'est la principale raison pour laquelle je l'ai activement défendu.

Les résultats sont éloquents. Les français ont choisi une autre option. C'est le jeu de la démocratie et c'est hautement respectable !

Comment pouvons-nous interpréter la victoire du NON français ?

Qui parmi les partisans du NON va s'attribuer la victoire ? Le Non serait-il de droite comme le revendiqueront Le Pen, Mégret, Villiers, Pasqua, Boutin, Dupont-Aignan ? Ou de gauche ?
J'ai le regret de constater que le NON doit approximativement autant au « NON de droite »
souverainiste, conservateur, anti-laïque et d'extrême-droite qu'au « Non de gauche ».
A Gauche, d'ailleurs comment interpréter le NON ? Chevènement est souverainiste, la LCR et LO ne sont pas contre ce traité en particulier, mais contre l'économie de marché en général, le PCF n'a jamais approuvé aucun traité depuis 1957 tandis que Laurent Fabius a été celui qui a créé le marché unique, soutenu le traité de Maastricht et porté le traité de Nice quand il était ministre des Finances...

Avec qui pouvons-nous renégocier ?

Pourra-t-il y avoir une nouvelle négociation et qui serait à la table des discussions ?
-      18 gouvernements de droite (dont Chirac et son prochain 1er ministre),
-      le Parlement Européen (plus à droite depuis juin 2004),
-      le président de la Commission Barroso (atlantiste et libéral).

Comment espérer dans ces conditions un nouveau traité plus social ?

Le Non risque de conduire au mieux à la paralysie, au pire à la régression sociale. Au mieux, le Non conduira à ce que l'Europe en demeure aux traités actuels, ceux de l'Europe du marché et de la monnaie. C'est le traité de Nice qui fixe les règles de fonctionnement de l'Union. C'est la
paralysie assurée car ce traité ne permet pas de gouverner l'Europe à 25.
Au pire, une nouvelle négociation s'engagera entre les gouvernements de droite, conduisant à un traité plus libéral et moins européen...

Ces questions de fond m'entraîne à me tourner résolument vers l'avenir.

La participation est une raison objective d'espérer. Le scrutin du 29 mai est aussi l'expression d'une sorte de réveil démocratique. Le niveau de la participation est porteur d'avenir. Des débats ont eu lieu partout et les français on manifesté un réel intérêt pour la chose publique. C'est encourageant.

Néanmoins, la participation reste faible à Nanterre avec un taux de seulement 62,5 %. Il indique, que l'ensemble des forces politiques nanterriennes n'ont pas su susciter suffisamment d'intérêt afin que les nanterriens participent plus fortement. Cela doit nous faire réfléchir. Au parti socialiste, bien évidemment, mais aussi avec nos partenaires politiques de la majorité municipale qui ont défendu le non.

Je reviendrais prochainement sur les conditions de la campagne qui ne s'est pas déroulé avec la séreinité qui conviendrait. Ces conditions ne sont pas propices à la restauration de la confiance. Aussi, le parti communiste ne devrait pas crier victoire trop tôt.

Par ailleurs, dans l'hypothèse où nous voulons continuer à développer notre ville de Nanterre sur la base de valeurs de gauche, les différentes composantes municipales doivent se parler : franchement et sans ressentiments. Aujourd'hui, nous pouvons assister à un certain radicalisme et à l'alliance de "la carpe et du lapin", c'est-à-dire, du PC et des mouvements altermondialistes et d'extrème gauche. Le risque serait alors de plutôt favoriser une alternance de droite à Nanterre, plutôt que la montée des forces social-démocrate.

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Nanterre et politique - Philippe LACROIX (v 2.1)